ATTENTION
Si tu n’as pas lu la première partie de cette Explo-Raton, je t’invite à le faire pour bien saisir l’impact du "ce n'est pas grave" sur la surcharge émotionnelle, tu dois d'abord rencontrer les déclencheurs.
Partie 1 : "Ce n'est pas grave"
(Temps de lecture : 4 minutes)
On va rembobiner la scène… et voir quelque chose que Salomé n’avait pas encore compris.
Quand Salomé a posé sa main sur son bras, il a d’abord cru qu’elle allait lui dire quelque chose de drôle.
Depuis le début de la soirée, il la trouvait discrète, mais sympa. Elle riait parfois. Même après le verre renversé, elle était revenue et s’était resservi un verre. Alors quand elle lui lança :
— C’est bon ? J’te dérange pas là ?
Il sentit surtout une attaque sortie de nulle part.
*bruit de rembobinage de la K7*
Le mec venait d’arriver à la soirée et salua ses potes. On lui tendit une bière et il s’installa sur le canapé.
Là, il rencontra une nana qui semblait distante… mais plutôt jolie.
Il y avait chez elle quelque chose de calme. Pas froid, mais juste difficile à approcher.
Il s’assit à côté d’elle et elle lui sourit. Il commença à lui parler. Elle lui répondait, sans vraiment aller plus loin.
La soirée se passait bien et les discussions s’enchaînaient.
À un moment, un des potes parla du dernier “Réel” à la mode. Il l’avait vu lui aussi et le trouvait extrêmement drôle. Alors il partagea son enthousiasme avec les gens autour de lui.
Puis quelqu’un dit quelque chose qui le fit tellement rire qu’en tapant sur l’épaule de son pote pour lui dire “Putain, t'es con !”, il renversa sa bière sur le jean de Salomé.
Dans son mouvement de recul, le verre bascula et tomba au sol.
Il s’excusa immédiatement et, comme elle lui répondit :
— Ce n’est pas grave.
… il reprit simplement la conversation là où elle s’était arrêtée.
Il remarqua qu’elle était partie quelques minutes et se dit qu’elle allait sûrement nettoyer sa tache.
La soirée continuait et l’ambiance montait peu à peu. La musique résonnait dans tout le chalet et les conversations allaient bon train. Il passait un excellent moment.
Puis il sentit une main lui attraper le bras. Souriant, il se retourna vers Salomé, avant de sentir immédiatement que quelque chose avait changé.
— C’est bon ? J’te dérange pas là ?
Il sentit seulement que quelque chose avait basculé sans comprendre pourquoi.
Alors, spontanément, il répondit :
— Bah si t’es pas contente, t’as qu’à t’en aller.
Et elle partit. Quelques secondes plus tard, quelqu’un relança la conversation et la soirée reprit exactement là où elle s’était arrêtée.
Pour lui, quelqu’un qui reste, sourit et continue la soirée va bien. Après tout, Salomé n’avait rien dit. Elle avait souri. Elle était revenue. Et elle s’était resservi un verre. Alors comment aurait-il pu comprendre que, pendant toute la soirée quelque chose saturait lentement chez elle ?
Certaines personnes ont appris très tôt à minimiser ce qu’elles ressentent :
De l’extérieur, elles semblent calmes, mais à l'intérieur, leur système nerveux additionne pourtant une quantité impressionnante de micro-signaux :
Pris séparément, ces détails semblent anodins, mais accumulés pendant des heures, le corps finit souvent par les compter.
Certaines personnes passent tellement de temps à essayer de ne pas déranger… qu’elles deviennent presque illisibles émotionnellement.
Salomé ne ressentait pas “trop”. Elle pensait juste que l’autre finirait par comprendre tout seul.
Ce soir-là, quelque chose continua de tourner longtemps dans la tête de Salomé.
Pas seulement la dispute, mais aussi cette éternelle question :
pourquoi elle semblait toujours devoir se contenir là où les autres semblaient simplement vivre ?
Qu'est-ce que va faire Salomé ? On va voir ça dans la partie 3 : "Il y avait autre chose"